Diagnostic Électricité : ce qu'il faut savoir
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En bref
Le diagnostic électricité décrit l'état de l'installation intérieure d'électricité d'un logement. Il est obligatoire à la vente et à la location dès que l'installation a plus de 15 ans, et vise six points de sécurité : coupure générale, protection différentielle, mise à la terre, protection contre les surintensités, sécurité de la salle d'eau et matériels vétustes. Sa validité est de 3 ans à la vente et de 6 ans à la location, pour un prix indicatif de 100 à 150 €. Il n'impose aucun travaux : il informe.
Le diagnostic électricité est l'état de l'installation intérieure d'électricité : un diagnostiqueur certifié contrôle, sans démontage, que l'installation privative du logement ne présente pas de risque pour la sécurité des personnes. Il porte sur la partie située en aval de l'appareil général de commande et de protection, jusqu'aux prises, points d'éclairage et appareils fixes.
Son objet est la prévention de deux risques : l'électrisation ou l'électrocution des occupants, et l'incendie d'origine électrique. Il est obligatoire pour vendre ou louer un logement dont l'installation a plus de 15 ans, à la charge du vendeur ou du bailleur, pour un tarif généralement compris entre 100 et 150 €.
Le rapport liste les anomalies constatées par domaine et les classe en fonction du point de sécurité concerné. Il n'oblige pas à réaliser des travaux pour signer : c'est un document d'information, opposable, qui engage la responsabilité du diagnostiqueur. Il reste valable 3 ans pour une vente et 6 ans pour une location. Une attestation de conformité Consuel de moins de 3 ans en tient lieu.
Quand le diagnostic électricité est-il obligatoire ?
L'obligation naît de la réunion de deux conditions : une vente ou une mise en location d'un logement à usage d'habitation, et une installation intérieure d'électricité de plus de 15 ans. L'ancienneté se compte à partir de la réalisation de l'installation, attestée par une attestation de conformité, des factures de travaux ou un diagnostic précédent.
Le contrôle couvre la partie privative du logement, ses annexes et ses dépendances alimentées depuis le même tableau. Les parties communes d'un immeuble et le réseau de distribution situé en amont du compteur n'en font pas partie. Le rapport prend place dans le dossier de diagnostic technique, remis à l'acquéreur au plus tard au compromis ou annexé au bail. Voir aussi les diagnostics obligatoires à la vente et les diagnostics obligatoires à la location ; le seuil d'âge est détaillé dans Le diagnostic électricité est-il obligatoire au-delà de 15 ans ?.
Les six points de sécurité contrôlés
Le diagnostic n'est pas un contrôle de conformité à la norme de l'installation neuve : il vérifie l'absence de risques manifestes, autour de six exigences de sécurité.
| Point de sécurité | Ce qui est vérifié | Risque évité |
|---|---|---|
| 1. Appareil général de commande et de protection | Présence, accessibilité et bon fonctionnement du dispositif permettant de couper l'ensemble de l'installation. | Impossibilité d'intervenir en urgence |
| 2. Dispositif différentiel à haute sensibilité | Présence d'un différentiel adapté aux conditions de mise à la terre du logement, et son déclenchement à l'essai. | Électrisation, électrocution |
| 3. Prise de terre et liaisons | Existence d'une prise de terre, continuité du conducteur de protection, raccordement des socles de prises. | Mise sous tension des masses métalliques |
| 4. Protection contre les surintensités | Présence de disjoncteurs ou fusibles adaptés à la section des conducteurs de chaque circuit. | Échauffement, incendie |
| 5. Sécurité de la salle d'eau | Liaison équipotentielle et respect des règles applicables aux volumes autour de la baignoire ou de la douche. | Électrocution en milieu humide |
| 6. Matériels vétustes ou inadaptés | Repérage des matériels présentant un risque de contact direct avec des éléments sous tension, des fils dénudés, des appareils hors d'âge ou inadaptés à l'usage. | Contact direct, incendie |
À ces six points s'ajoutent des informations complémentaires portées au rapport : conducteurs non protégés mécaniquement, installations particulières comme l'alimentation d'une piscine, ou présence d'un local contenant une baignoire alimenté par un circuit spécifique. Elles n'ont pas le statut d'anomalie mais éclairent l'acquéreur.
Anomalies fréquentes : ce que relèvent le plus souvent les diagnostiqueurs
| Anomalie | Origine habituelle | Remise en état |
|---|---|---|
| Absence de prise de terre | Logement ancien jamais rénové ; installation d'avant la généralisation de la terre. | Travaux lourds : création d'une prise de terre et reprise des circuits. |
| Différentiel absent ou inadapté | Tableau d'origine conservé lors d'un changement de compteur. | Remplacement ou ajout d'un interrupteur différentiel au tableau. |
| Fusibles à fil de plomb ou tableau vétuste | Installation non modifiée depuis plusieurs décennies. | Remplacement du tableau par des disjoncteurs divisionnaires. |
| Matériel non protégé au contact direct | Prise cassée, boîte de dérivation ouverte, fil dénudé après un bricolage. | Intervention ponctuelle, souvent peu coûteuse. |
| Non-respect des volumes de la salle d'eau | Prise ou luminaire installé trop près de la baignoire ou de la douche. | Déplacement de l'appareil ou dépose. |
| Conducteurs non protégés mécaniquement | Rallonges fixes, câbles apparents non encastrés ni sous conduit. | Passage sous goulotte ou reprise de la distribution. |
Contrairement au diagnostic gaz, aucune anomalie ne conduit le diagnostiqueur à couper l'alimentation : il n'existe pas d'équivalent électrique du danger grave et immédiat entraînant une condamnation de l'installation. En revanche, un professionnel qui constate un danger caractérisé le signale expressément dans son rapport et alerte l'occupant.
Exemple concret
Une maison de 110 m² à Amiens, construite en 1979, est mise en vente en septembre 2026. Le tableau électrique d'origine n'a jamais été remplacé : le rapport relève l'absence de dispositif différentiel à haute sensibilité, des fusibles à broches et une prise située dans le volume de la douche. Rien n'oblige le vendeur à intervenir avant la signature. Il choisit néanmoins de faire remplacer le tableau et déplacer la prise : l'acquéreur, qui avait chiffré ces travaux dans sa négociation, renonce à sa demande de baisse de prix. Le diagnostic, facturé 130 € avec le gaz lors de la même visite, reste valable 3 ans.
Diagnostic électricité et attestation Consuel : ne pas confondre
Les deux documents parlent d'électricité, mais n'ont ni le même auteur, ni le même objet, ni le même moment.
| Critère | Diagnostic électricité | Attestation Consuel |
|---|---|---|
| Objet | État des risques de l'installation existante au regard de six points de sécurité. | Conformité d'une installation neuve ou entièrement rénovée à la norme applicable. |
| Quand | Avant une vente ou une location, pour une installation de plus de 15 ans. | Après la création ou la rénovation complète de l'installation, avant la mise sous tension. |
| Auteur | Diagnostiqueur certifié par un organisme accrédité COFRAC, indépendant. | Organisme de contrôle, sur la base de la déclaration de l'installateur. |
| Portée dans le dossier de vente | Pièce du dossier de diagnostic technique. | Tient lieu de diagnostic électricité si elle a moins de 3 ans. |
| Conséquence d'une anomalie | Information de l'acquéreur ou du locataire ; pas d'obligation de travaux. | Refus de l'attestation et impossibilité de mise en service tant que la non-conformité subsiste. |
Autrement dit, l'attestation Consuel prouve qu'une installation neuve est conforme ; le diagnostic décrit les risques d'une installation ancienne. La première dispense du second pendant 3 ans, mais jamais l'inverse.
Validité, prix et qui paie
Le diagnostic électricité est valable 3 ans pour une vente et 6 ans pour une location, à compter de sa date de réalisation. Il doit être valable au jour de la signature de l'acte ou du bail : les détails figurent dans la durée de validité du diagnostic électricité.
Le coût, non réglementé, se situe le plus souvent entre 100 et 150 €, souvent moins lorsqu'il est commandé avec le gaz, dont le contrôle suit la même visite, ou avec le DPE. Il est intégralement à la charge du propriétaire : vendeur ou bailleur, jamais l'acquéreur ni le locataire (voir qui paie les diagnostics et le prix des diagnostics immobiliers).
Seul un diagnostiqueur certifié par un organisme accrédité par le COFRAC peut l'établir. La certification électricité est distincte de celle du DPE ou de l'amiante : vérifiez-la sur l'annuaire officiel du ministère, comme l'explique notre guide pour choisir un diagnostiqueur.
Que se passe-t-il en l'absence de diagnostic ?
Un vendeur qui ne fournit pas l'état de l'installation intérieure d'électricité, ou qui produit un rapport périmé, perd le bénéfice de la clause d'exonération de la garantie des vices cachés pour cette installation. Si un défaut apparaît après la vente, l'acquéreur peut demander une réduction du prix ou la prise en charge des travaux, voire l'annulation de la vente si le vice est suffisamment grave.
Pour un bailleur, l'absence de diagnostic dans le dossier annexé au bail expose à une demande de mise en conformité par le locataire, et le logement présentant un risque manifeste pour la sécurité peut être qualifié de non décent : travaux, réduction ou suspension du loyer peuvent être prononcés par le juge.
Erreurs fréquentes et points de vigilance
- Attendre le compromis pour commander le diagnostic. Le dossier doit être complet dès la promesse : prévoyez le rendez-vous en même temps que le DPE.
- Croire qu'un tableau récent dispense du contrôle. Le remplacement du tableau ne rajeunit pas l'ensemble de l'installation : seule une rénovation complète attestée par une attestation Consuel produit cet effet.
- Confondre anomalie et obligation de travaux. Le diagnostic informe ; il ne bloque pas la vente. Mais chaque anomalie écrite devient un argument de négociation.
- Laisser le tableau inaccessible. Un tableau encastré derrière un meuble ou un placard fermé conduit à des points non vérifiés, mentionnés comme tels.
- Oublier les dépendances. Garage, cave et sous-sol alimentés depuis le tableau du logement entrent dans le périmètre du contrôle.
- Réutiliser un rapport de plus de 3 ans pour vendre. Le rapport annexé à un ancien bail, valable 6 ans en location, ne l'est pas pour une vente.
Questions fréquentes sur le diagnostic électricité
Le diagnostic électricité oblige-t-il à faire des travaux ?
Non. Aucun texte n'impose de lever les anomalies constatées pour vendre ou louer : le rapport est un document d'information remis à l'acquéreur ou au locataire. Le bailleur reste toutefois tenu de fournir un logement ne présentant pas de risque manifeste pour la sécurité, ce qui peut imposer une mise en sécurité en location.
Le diagnostiqueur peut-il couper l'électricité comme il coupe le gaz ?
Non. Il n'existe pas, pour l'électricité, de procédure équivalente au danger grave et immédiat du diagnostic gaz, qui conduit à condamner l'alimentation et à alerter le distributeur. Le diagnostiqueur électricité signale les risques dans son rapport et avertit l'occupant sur place, mais il n'interrompt pas la fourniture et ne saisit pas le gestionnaire de réseau.
Le contrôle inclut-il les appareils électroménagers ?
Non. Le diagnostic porte sur l'installation fixe : tableau, circuits, prises, points d'éclairage, appareils raccordés à demeure comme un chauffe-eau ou des convecteurs. Les appareils mobiles branchés sur une prise, du réfrigérateur à la multiprise de bureau, ne sont pas contrôlés, même s'ils sont à l'origine de nombreux incidents domestiques.
Combien de temps dure la visite ?
Comptez de 45 minutes à 1 h 30 selon la surface, le nombre de circuits et l'accessibilité du tableau. Le diagnostiqueur ouvre le tableau, teste le différentiel, contrôle un échantillon représentatif de prises et d'appareils et vérifie la salle d'eau. Prévoyez un accès dégagé au tableau, à la cave et au garage ; le rapport arrive sous quelques jours.
Le diagnostic est-il exigé pour un appartement en copropriété ?
Oui, dès que l'installation privative du lot a plus de 15 ans. Le contrôle s'arrête à la limite de la partie privative : les colonnes électriques et les installations des parties communes relèvent du syndicat des copropriétaires et du gestionnaire de réseau, et n'apparaissent pas dans le rapport remis à l'acquéreur ou au locataire.
Que vaut le rapport si le diagnostiqueur s'est trompé ?
Le diagnostic engage la responsabilité de son auteur, qui doit être assuré au titre de sa responsabilité civile professionnelle. Un acquéreur qui découvre une anomalie majeure non signalée peut se retourner contre le diagnostiqueur pour obtenir réparation. Conservez le rapport, les photographies et les devis de remise en état : ils constituent la preuve du préjudice.
Une installation entièrement rénovée doit-elle quand même être diagnostiquée ?
Non, si la rénovation a moins de 15 ans et qu'elle est attestée. Mieux : une attestation de conformité Consuel de moins de 3 ans tient lieu de diagnostic. Au-delà de 3 ans, l'attestation ne suffit plus, mais elle sert à prouver la date de l'installation et donc à écarter l'obligation tant que le seuil de 15 ans n'est pas franchi.
Le locataire doit-il laisser entrer le diagnostiqueur ?
Oui. Le locataire doit permettre la réalisation des diagnostics obligatoires, en particulier avant une vente ou une remise en location. Le bailleur le prévient dans un délai raisonnable et propose plusieurs créneaux. Le locataire a tout intérêt à faciliter la visite : le rapport porte sur la sécurité du logement qu'il occupe.
Le diagnostic électricité influence-t-il l'étiquette du DPE ?
Non. Ce sont deux contrôles indépendants : l'un mesure la sécurité, l'autre la performance énergétique. La réforme du 1ᵉʳ janvier 2026, qui abaisse à 1,9 le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire, ne concerne que le DPE et améliore l'étiquette de nombreux logements chauffés à l'électricité, sans aucun effet sur l'état de l'installation.
Peut-on faire réaliser le diagnostic par son électricien ?
Non, sauf s'il est par ailleurs diagnostiqueur certifié et indépendant. Le professionnel qui établit le rapport ne doit avoir aucun lien avec une entreprise susceptible de réaliser les travaux sur le bien : cette indépendance est une condition de validité du diagnostic. Vérifiez la certification sur l'annuaire officiel ou notre annuaire des diagnostiqueurs.
Une autre question ? Consultez la FAQ complète du diagnostic immobilier (plus de 100 réponses) ou tous les guides.
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