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Confort d'été : un critère qui pèse désormais sur la valeur des logements

La capacité d'un logement à rester supportable pendant les fortes chaleurs est mesurée par le DPE depuis 2021. Elle devient un argument de vente, mais les estimations de plus-value spectaculaires appellent à la prudence.

Le confort d'été, désormais inscrit dans le diagnostic

Longtemps, la valeur énergétique d'un logement s'appréciait surtout à l'aune du chauffage. La refonte du diagnostic de performance énergétique, entrée en vigueur le 1er juillet 2021, a modifié cette lecture : le DPE comporte depuis un indicateur de confort d'été qui évalue la capacité du bien à rester tempéré lors des épisodes de forte chaleur. Cet indicateur, distinct de l'étiquette énergie de A à G, est renseigné sur le document remis à l'acquéreur ou au locataire (voir service-public.fr).

Il prend en compte plusieurs paramètres du bâti : l'inertie des murs, l'isolation de la toiture, l'orientation des pièces, la présence de protections sur les vitrages et les possibilités de ventilation naturelle. Un logement peut ainsi afficher une bonne performance de chauffage tout en restant difficile à vivre en juillet, ce que le diagnostic signale explicitement.

Ce que disent les estimations de plus-value, et leurs limites

Plusieurs publications avancent qu'un logement pensé pour l'été pourrait se valoriser de 20 à 30 % à la revente. Ces ordres de grandeur reposent sur des scénarios cumulant plusieurs aménagements et ne constituent pas une donnée officielle. Ils doivent être maniés avec précaution : le prix d'un bien dépend d'abord de sa localisation, de son état général, de la qualité des travaux réalisés et de la tension du marché local.

La notion de « valeur verte », étudiée notamment par les acteurs notariaux, montre qu'une meilleure étiquette énergétique s'accompagne en moyenne d'un écart de prix. Mais aucune source publique ne garantit un supplément automatique lié au seul confort d'été. Il est plus juste d'y voir un argument de négociation supplémentaire qu'une promesse de plus-value chiffrée.

Les aménagements qui limitent réellement la surchauffe

Les leviers efficaces relèvent d'abord de la conception du bâtiment et de sa protection contre le rayonnement solaire, avant tout recours à la climatisation. Le service public de la rénovation, France Rénov', recense les principales pistes (voir france-renov.gouv.fr et les guides de l'ADEME) :

  • l'isolation de la toiture et des combles, qui réduit fortement les apports de chaleur par le haut du logement ;
  • les protections solaires extérieures (volets, brise-soleil, débords de toiture, stores), plus efficaces que les protections intérieures pour empêcher le soleil d'atteindre les vitrages ;
  • la ventilation traversante, qui évacue l'air chaud la nuit sans consommation supplémentaire ;
  • la végétation et les arbres à feuilles caduques, qui apportent de l'ombre l'été tout en laissant passer la lumière l'hiver.

La pompe à chaleur air-air, ou climatisation réversible, complète ces dispositifs mais ne les remplace pas : sur un bâti mal protégé, elle traite les symptômes au prix d'une consommation d'électricité accrue. L'effet recherché tient à la combinaison des mesures passives et de l'inertie, davantage qu'à un équipement isolé.

Un critère appelé à monter en puissance

La multiplication des vagues de chaleur, dans le sud comme dans les grandes agglomérations soumises aux îlots de chaleur, explique la place croissante de ce paramètre dans les recherches immobilières. La présence de l'indicateur de confort d'été dans le DPE lui donne un support officiel, ce qui devrait renforcer sa prise en compte par les acquéreurs. À l'inverse, un logement surchauffant l'été peut désormais faire l'objet d'une réserve lors de la vente. Sans surinterpréter les estimations de plus-value, le confort estival s'installe comme une composante durable de la qualité d'un bien, au même titre que sa performance de chauffage.

Sources officielles

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