Une note bâtie d'abord sur l'hiver
Le diagnostic de performance énergétique évalue la consommation d'énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, puis les traduit en une étiquette allant de A à G. Ce calcul repose largement sur les besoins de chauffage, d'eau chaude sanitaire, de refroidissement, d'éclairage et d'auxiliaires. La logique historique du dispositif reste tournée vers la réduction des dépenses hivernales, comme le rappelle la présentation officielle du diagnostic sur service-public.fr.
Une conséquence en découle : un bâtiment très bien isolé, équipé d'un système de chauffage performant, obtient facilement une bonne étiquette. Mais une enveloppe étanche et fortement isolée retient aussi la chaleur estivale. Sans dispositif pour l'évacuer, un logement noté A peut se transformer en accumulateur thermique dès les premières fortes chaleurs.
Le confort d'été figure sur le DPE, mais hors de la note
Depuis la refonte de la méthode de calcul entrée en vigueur en juillet 2021, le diagnostic comporte un indicateur de confort d'été, distinct de l'étiquette énergie. Il classe le logement en trois niveaux — bon, moyen ou insuffisant — à partir de critères comme l'inertie des parois, la présence de protections solaires (volets, stores), la possibilité de ventilation naturelle traversante ou l'existence de brasseurs d'air. Le cadre méthodologique de ce diagnostic est fixé par l'arrêté du 31 mars 2021 relatif au DPE.
Cet indicateur reste toutefois purement informatif : il n'entre pas dans le calcul de la classe A à G. Un occupant peut donc lire « confort d'été insuffisant » sous une étiquette A sans que cela n'altère la note affichée dans une annonce immobilière. La distinction échappe encore à beaucoup d'acheteurs et de locataires.
Quels logements sont les plus exposés
Certaines configurations concentrent le risque de surchauffe, indépendamment de la qualité de l'isolation :
- les logements sous les combles ou en dernier étage, dont la toiture reçoit un fort ensoleillement direct ;
- les surfaces largement vitrées orientées à l'ouest ou au sud, sans protection solaire extérieure ;
- les appartements mono-orientés, difficiles à ventiler la nuit faute de traversant ;
- les biens situés en cœur de ville dense, où l'îlot de chaleur urbain limite le rafraîchissement nocturne.
Le phénomène des îlots de chaleur urbains, documenté par l'ADEME, aggrave ces situations : les nuits ne descendent pas assez bas pour évacuer la chaleur accumulée dans la journée.
Réhabiliter sans oublier l'été
Le risque, pour les rénovations centrées sur les seules économies de chauffage, est de déplacer le problème. Un logement mieux isolé mais surchauffé en été pousse ses occupants vers la climatisation, dont la consommation vient contredire l'objectif de sobriété. Plusieurs leviers permettent d'éviter cette impasse : protections solaires extérieures plutôt qu'intérieures, traitement de la toiture, valorisation de l'inertie et organisation d'une ventilation nocturne efficace.
Pour les constructions neuves, la réglementation environnementale RE2020 impose déjà un indicateur de confort estival exprimé en degrés-heures d'inconfort, avec un plafond réglementaire. Cette exigence n'existe pas pour le parc existant, ce qui laisse le DPE comme principal repère, malgré ses limites sur ce point.
Ce qu'un futur occupant peut vérifier
Avant de signer, la lecture de l'indicateur de confort d'été mérite autant d'attention que l'étiquette énergie. Une visite à différents moments de la journée, une question sur le comportement du logement lors des dernières canicules, un examen des protections solaires et des possibilités d'aération donnent une image plus fidèle que la seule note. Le DPE demeure un outil pertinent pour la performance énergétique globale ; il ne prétend pas, à lui seul, garantir un logement vivable au plus fort de l'été.